André Durussel

Viens Elie.

Le jeune auteur suisse Jonas Sollberger vient de publier auprès des prestigieuses Editions de Minuit son premier livre, qui est en réalité le récit d’une sorte de quête d’identité, mais pas un roman. 1

« Viens Elie », c’est le style d’un écolier, ou celui d’une composition scolaire sans aucune ponctuation ni chapitres, au cours de laquelle Elie tente de retrouver son oiseau prénommé Moïse dans une forêt, à la tombée de la nuit.

 Avec d’innombrables et insupportables redites, le lecteur, pourtant plein de bonne volonté au départ, est finalement perdu à son tour, comme Moïse, complètement déconcerté par l’étrangeté de ce récit qui finit par se dissoudre ou s’évaporer dans la nuit, comme Elie lui-même, toujours à la recherche de lui-même ou de son oiseau.

Je ne puis que recommander à personne de lire ce pseudo-roman.   Ou alors, je ne comprends plus rien à la littérature d’aujourd’hui ?  Cela même si je me réfère aux savants travaux de Hans-Georg Gadamer (1900-2002) concernant l’autonomie radicale de l’œuvre… ou celle de ce Moïse qui gagne sa liberté.

 

André Durussel, 27.01.2026

Une explication possible :

Issu de milieux évangéliques, Jonas Sollberger, consciemment ou non, a voulu écrire une parodie de la mort du prophète Elie : …Char de feu… chevaux de feu dans une lumière aveuglante. (Selon 2 Rois 2, v.1-14, version TOB). L’auteur rejette ainsi cette théophanie. Deux seuls prénoms volontairement nommés, mais bibliques.

1 Sollberger Jonas : Viens Elie. Roman. Editions de Minuit, janvier 2026, 136p. ISBN 978-2-7073-5725-0